Initiation au croquet | Rencontre avec ........ Louis Blériot (2)  

Rencontre avec ........ Louis Blériot (1)

Pour le centième anniversaire de la traversée de la Manche par Louis Blériot, de très nombreuses manifestations, spectacles, conférences et expositions furent organisées dans le Nord-Pas de Calais.
Pour vous, nous avons visité l'exposition organisée par le conseil général du Pas-de-Calais au Centre de l'Entente Cordiale franco-britannique à Condette, et nous avons eu le plaisir d'y rencontrer en personne Louis Blériot ... petit-fils du célèbre aviateur.
(Cliquez sur les petites photos pour les agrandir)




L. Blériot... assis au bureau de son grand-père.

PORTRAIT D'UN PIONNIER

Louis Blériot est né à Cambrai (Nord) le 1er juillet 1872. A 23 ans, il obtient son diplôme à l’Ecole centrale des Arts et Manufactures de Paris. Il crée à 25 ans les Etablissements L.Blériot qui deviennent la première entreprise mondiale spécialisée dans la fabrication des projecteurs à éclairage pour automobiles, phares à acétylène qu’il produira en série au même rythme que l’expansion de l’industrie automobile.

"Le mot phare appliqué à l'automobile, c'est à mon grand-père qu'on le doit. Sinon, ça ne désignait que les phares côtiers pour les bateaux, pour les automobiles c'était fanal, éclaireur, projecteur" (extrait de la conversation avec son petit-fils).




Son petit-fils nous parle de la famille :cliquez ICI [2 218 KB]

A l'époque de la carte postale ci-contre, son père n'était pas encore né.




De la terre au ciel

Fort de ce succès industriel, Louis Blériot se lance dans la fabrication d’un premier modèle d’aéroplane, un oiseau mécanique à ailes battantes, de 10 kilos, et mû par un moteur de son invention fournissant environ 2 chevaux.




En 1905, il construit le Blériot III, un grand biplan rectangulaire inspiré par les dessins des frères Wright. L’appareil, dépourvu de moteur, est remorqué sur la Seine par un canot Antoinette. Il capote après s’être brièvement détaché de l’eau suite à un coup de vent. Cette année-là, Blériot collabore avec l’industriel Voisin, ensemble ils fondent le premier atelier d’aviation français dans lequel Blériot se donne le rôle de concepteur et où Voisin devait jouer celui de mécanicien. De cette union naît le Blériot IV qui ne connaîtra pas de succès. Après avoir équipé de roues le précédent modèle, le constructeur essaie sa création en novembre 1906 à Bagatelle; l’appareil se brise contre un caniveau.




Blériot se prend alors de passion en 1906, pour la question des moteurs. Il quitte Voisin, qui restait partisan du biplan et rejoint la société Antoinette. Afin de mettre au point le meilleur type d’aile, Louis Blériot fait appel à un autre centralien de 36 ans son aîné, le célèbre Gustave Eiffel. De cette union vont naître de nombreux modèles aboutissant au Blériot XI, ce frêle appareil unissant le bois et des cordes à piano, aux ailes recouvertes de papier parcheminé. Le moteur, trois cylindres en étoiles, développait 25 CV. C’est cet appareil d’une envergure de 7m20, qui deviendra le célèbre Blériot XI après la traversée de la Manche.




La traversée de la Manche

Le quotidien britannique le Daily Mail lance en octobre 1908 une compétition transmanche avec un prix de 25000 francs (ce qui correspond à peu près de nos jours à 150000 euros).
Nombreux sont ceux qui s’engagent dans la course pour être le premier à rejoindre la Grande-Bretagne par la voie des airs en ce mois de juillet 1909. Cependant, Blériot laisse la priorité à Hubert Latham (1883-1912) car celui-ci s’est engagé dès le 2 juillet. Mais la tentative de Hubert Latham le 19 juillet "tombe à l'eau". Louis Blériot s’inscrit alors dans la course à la Manche.




Il est le premier à traverser la Manche, le 25 juillet 1909 en 37 minutes pour 38 km, ralliant les Baraques, près de Calais, à Douvres (Le hameau Les Baraques, faisant partie de la commune de Sangatte, sera plus tard rebaptisé Blériot-Plage en son honneur), aux commandes du Blériot XI qu’il a conçu en collaboration avec Raymond Saulnier. Grâce à cet exploit, l’ingénieur-aviateur devient non seulement le premier homme à avoir traversé la Manche par les airs, mais aussi le pionnier de l’aviation moderne.




Le 25 juillet 1909 ...

Ce jour là, à l'aube, commence la légende de l'aviation.
C'est le samedi 24 juillet 1909, à 11h30 du soir, que Louis Blériot décida de tenter la traversée de la Manche. La tempête qui, durant quatre jours, désolait la côte, s'était calmée. Il se fit réveiller à 2h30 du matin, et se rendit en automobile à la ferme de Grignon, commune des Baraques à Sangatte, où son appareil avait été mis à l'abri. Il s'agissait de procéder à un essai préalable sans éveiller l'attention d'Hubert Latham, son concurrent le plus redoutable. Blériot fit tirer son appareil hors du hangar, effectua un vol satisfaisant de quelques minutes.




4h30 du matin, Blériot a pris place à bord de son appareil. Le pilote A.Leblanc lui donne ses conseils.
4h35, le monoplan survole dans la brume les maisons des Baraques. Dans un instant, il sera sur la mer.
4h55, Louis Blériot franchit la Manche et se dirige vers l'Angleterre.
Sur le pont du contre-torpilleur "l'Escopette", qui suit l'avion, Mme Blériot observe aux jumelles le vol de son mari. Si un accident était survenu à l'aviateur, il aurait été impossible de lui porter secours, étant donné la vitesse relativement réduite du navire.
La traversée durera 38 minutes. L'appareil fait 75 kilomètres à l'heure. L'"escopette", qui n'avance qu'à 46 km à l'heure, est hors de vue.
A 5h13, Louis Blériot atterrit sur une petite prairie du North Fall Meadow, vallonnement de la plaine de Douvres où l'attend un journaliste, M. Fontaine, agitant un drapeau tricolore. Un coup de vent a plaqué l'appareil au sol, brisant le chariot et cassant l'hélice.




6h du matin, le bruit de l'exploit s'est déjà répandu. De Douvres, la foule accourt, précédée d'une escouade de policemen. Le drapeau français est planté dans le sol. Le correspondant du Daily Mail a rejoint Louis Blériot et lui apprend qu'il a gagné les 25000 francs offerts par son journal au premier vainqueur de la Manche.
L'"Escopette" a touché l'Angleterre avec une heure de retard sur l'aéroplane. Premier triomphe de l'avion sur le bateau.

Qu'est devenu le Blériot XI ? : cliquez ICI. [766 KB]




Les conséquences de cette traversée

Fort de cette aventure, il lance rapidement la fabrication en série du Blériot XI, et crée une école de pilotage à Pau. Par la suite, il se concentre sur le développement et l’industrialisation de ses machines. La compagnie va très vite tirer partie de la publicité, notamment avec son premier pilote de démonstration, Adolphe Pégoud. En octobre 1909, le gouvernement décerne aux 16 pionniers un brevet. Son nom commence par un B, Louis Blériot se voit attribuer le brevet de pilote numéro 1.




En 1910, Blériot se lance dans le transport de passagers en construisant l’Aérobus, il bat le record du monde avec 7 passagers. Les commandes affluèrent et ses ateliers furent agrandis. Sa renommée Outre-Manche lui permet de développer ses ventes, il met en servie à Brooklands une base de montage et de réglage d’avions destinés à l’armée britannique.
Dès le début de la première guerre mondiale, Blériot, comme les autres constructeurs aéronautiques, est invité à fabriquer « en masse » des Caudron G3. Il achète alors des sites industriels hors de Paris, notamment à Suresnes . Il fait dans l’industrie des loisirs des placements considérables, en particulier à Monaco. Au total, Blériot a produit 10000 avions pendant le conflit.
Après la guerre, les petites sociétés d’aéronautique se font une concurrence sans merci. La société Blériot Aéronautique a du mal à survivre. Pour ne pas licencier, la production se diversifie : motos, bateaux … L’aviateur, épuisé, meurt d’une crise cardiaque en 1936, trois mois avant que ses usines ne soient nationalisées par le Front Populaire.
En 1939, sa société est fusionnée avec celle d’un certain Marcel Bloch qui en devient le PDG. Inventeur de l’hélice « éclair » qui a équipé le Spad VII pendant la Première Guerre Mondiale, il a été aidé par Blériot à ses débuts. Il restera dans la postérité sous le nom de… Marcel Dassault. Avec lui, l’aéronautique française entrera dans une nouvelle phase de développement.

Qu'est devenue l'usine Blériot ? : cliquez ICI. [903 KB]




Hardelot, résidence d'un héros

Hardelot est la station balnéaire aux portes de Condette (le château d'Hardelot se trouve d'ailleurs sur la commune de Condette).
En 1910, Louis Blériot y achète un terrain sur la digue et y fait construire une magnifique villa de 32 pièces, dénommée "Escopette", du nom du bateau de la marine qui l'escorta durant sa traversée. Elle a été détruite pendant la Seconde Guerre Mondiale.








A Hardelot, Louis Blériot a également popularisé l'engin qui est devenu aujourd'hui le char à voiles. Il crée un modèle qu'il baptise "l'aéroplage".




Son modèle est inspiré de celui de Dumont, mais il l’a doté d’un châssis tubulaire et d’un large empattement. Le modèle est solide mais un peu lourd. Ses essais sur la plage d’Hardelot lui permettent d’atteindre 100 à 110 km/h par grand vent. Hardelot, avec sa plage de sable fin de plus de huit kilomètres, a fait office de terrain privilégié pour les pionniers de l’aéroplage, comme pour ceux de l’aviation.
La Première Guerre Mondiale marque l’arrêt brutal de l’aéroplage. Il faudra attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour que l’on ressorte les vieux engins et qu’on les remette au goût du jour. Ainsi, entre 1947 et 1950, grâce à Henry Demoury, le char à voile connaît une évolution significative qui lui fait prendre un tour plus compétitif sur l’ensemble de la Côte d’Opale. En 1964, naît la Fédération Française de Char à Voile.




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