Eric, Katia et Kaylee | Foire Bio 2010  

Conférence de Pascal Raux sur l'Art préhistorique

Cliquez sur les petites images pour les agrandir




Magnifique conférence organisée par l’association Acadine, où nos yeux se sont régalés devant de superbes photographies et images de sites. Pascal Raux nous a emmenés dans les confins de la terre et nous a fait visiter de multiples grottes en France, en Espagne, Portugal ..., en nous montrant les trésors mis à jour au fil des années, et en nous racontant l’histoire de cet Art de la Préhistoire.




De la grotte du Chaffaud où l’on trouve en 1834 un « os » avec 2 biches gravées, à la grotte de La Madeleine en Dordogne, fouillée par Emile Rivière de 1865 à 1890 qui y trouve entre autres un magnifique bison, la grotte d’El Castillo en Espagne et ses bâtons de commandement, les squelettes trouvés par François Berthoumeyrou en 1868 aux Eyzies (l’homme de « Cro-Magnon » qui signifie « grand creux »), Laugerie-Haute et ses signes géométriques et cupules, la « vénus de Brassempouy » dans les Landes (tête sans corps et sans bouche sur l’original, contrairement au dessin de J.Déchelette), sans oublier Altamira en Espagne, où en 1865 le comte Marcelino Sainz de Sautola, fouillant les grottes par passion et visitant l’exposition universelle de Paris, y retrouve des objets préhistoriques identiques à ceux trouvés chez lui. En 1879, sa petite fille découvre sur la voûte d’une grotte (altamira : regarde en haut) des peintures et des dessins de bisons. Mais le comte fut accusé de faussaire, un homme préhistorique ne pouvant faire de telles œuvres !




En fouillant la grotte de la Mouthe en 1895, Emile Rivière trouve la représentation de bisons au fond d’une galerie inaccessible obstruée par des sédiments contenant des animaux disparus, prouvant indubitablement l’ancienneté des ornements. Devant la grotte il découvre une lampe préhistorique avec un bouquetin gravé sur le cul de la lampe, le même bouquetin est dessiné sur la paroi de la grotte. Grâce à cette trouvaille, L' Art préhistorique est enfin reconnu officiellement et la merveille d’ Altamira acceptée authentique en 1902.




Cette soirée nous a permis de visiter également la grotte des Combarelles et ses mammouths, la grotte de Font De Gaume avec ses bisons et ses signes « tectiformes », sa frise noire et ses bisons acéphales, la grotte de Bernifal en 1892 et son mammouth au fond d’une cheminée, la grotte d’El Castillo en Espagne et son bison debout avec des pieds humains (on commence à parler de sorciers), la grotte des Trois Frères en Ariège avec les ours qui semblent marqués de flèches, qui saignent du nez et de la bouche, le « sorcier à l’arc musical » ...




... la « vénus de Laussel » en 1911, la merveille de la grotte de Pech-Merle dans le Lot en 1928 avec ses chevaux qui semblent s’envoler, sa frise noire et le cheval central en apesanteur, la vache blessée qui tombe, la grotte du Portel en Ariège avec « le cheval qui piaffe », les abris et les sculptures de plein air de Cap blanc en Dordogne, la grotte d’Angles sur l’Anglin en Haute Vienne en 1947, ses magnifiques bouquetins et la tête d’un magdalenien sans corps, Sergeac en Dordogne en 1911 et ses peintures polychromes datant de 35000 ans, son cerf magnifique en 1912, et bien sûr le cerf de Lascaux en 1940, les aurochs associés à un cheval, les cerfs (plusieurs ou peut-être un seul),la grande vache noire, les antilopes blessées, plus récemment en 1952 la grotte de Cougnac dans le Lot et le bouquetin sans œil, blessé également, les mammouths et le petit homme blessé (le même qu’à Pech-Merle), le Gabillou près de Mussidan en Dordogne avec son sorcier qui perd la tête, la grotte de Rouffignac en Dordogne en 1956, le premier mammouth avec un œil, le second avec des traces et le troisième sans œil ...




... sans oublier la grotte Chauvet et bien d’autres merveilles encore …
impossible de vous les citer toutes ici
(la conférence a duré toute la soirée !)







Sur les photographies qui s’enchainent et se suivent, des animaux semblent parfois « sortir » de failles, rentrer dans la paroi et en ressortir (corps d’un côté et tête de l’autre),des animaux blessés semblent « se dédoubler » et se décomposer, leur esprit s’en aller, d’autres « s’envolent », d’autres n’ont plus de sens (pas d’œil, pas de bouche),
et c’est ainsi que Pascal Raux nous emmène progressivement vers une nouvelle lecture de cet art pariétal et nous entraine dans un grand voyage, le voyage des chamans, ces quelques initiés qui pouvaient voyager d’un monde à l’autre …
plus de 20000 ans en arrière !...




Réfutant la thèse de « l’art pour l’art » et de « l’art imitatif », les peintures étant souvent situées dans des endroits sombres et très difficiles d’accès,
Réfutant la thèse de la « magie de la chasse » chère à l’abbé Henri Breuil, les animaux peints et gravés ne correspondant pas aux restes de la faune consommée retrouvés dans les fouilles à proximité (à Lascaux, les hommes n’ont mangé que du renne),
Réfutant la thèse du « totétisme » et de « l’art narratif », cet aspect narratif n’étant pas évident dans l’ensemble des grottes ornées,
Réfutant la thèse de la « fécondité » avec pour acteur le couple bison-cheval ou cheval-bison, mais avec l’absence de véritables scènes d’accouchement ou de copulation,




Pascal Raux nous emmène peu à peu vers son hypothèse « animiste » en nous décortiquant de multiples dessins, et en détaillant composition et images.

Les animaux qui se « dédoublent », leur « segmentation », les corps qui « s’envolent » et l’absence de visages
-quand la drogue fait effet, la tête semble « s’envoler » du corps –




Les animaux blessés symbolisant le danseur en transe (la transe ayant pour but une mort virtuelle du chaman dans ce monde-ci pour voyager sous l’aspect de son animal tutélaire dans le monde de l’au-delà), la « petite mort » du chaman avec les filets de sang sortant du nez et de la bouche et les douleurs abdominales avec les flèches dans le ventre
- la prise de certaines drogues peut entraîner des saignements de nez et de bouche -




L’absence des sens (yeux, bouche, oreilles, sabots, bouts de pattes)
- le chaman étant visionnaire n’a pas besoin des yeux, télépathe pas besoin de bouche, en vol pas besoin de jambes -
Les « passages » ou fausses portes, l’animal chaman sortant d’un côté et rentrant de l’autre
- les chamans « passaient de l’autre côté » dans un monde autre, invisible -
Enfin le cheval symbolisant le voyage est présent dans presque toutes les compositions.




Epreuve combien difficile que de résumer en quelques lignes une conférence si passionnante ! D’autres découvertes un jour pourront nous amener vers d’autres hypothèses ou au contraire conforter celle-ci : l’avenir, ou plutôt le passé encore caché de certaines grottes nous le diront peut-être un jour …




Les illustrations (sauf Altamira*) sont extraites du livre de Pascal RAUX :
ANIMISME ET ARTS PREMIERS
Historique et nouvelle lecture de l'art préhistorique

aux Editions THOT

" De cette grotte chargée d'énergie, le cheval/voyage amenait le chaman/esprit en voyage dans le monde autre. Visionnaire, il n'avait nul besoin de ses yeux, Esprit volatile, il n'avait nul besoin de ses pieds ... Puis il lui fallait revenir dans le monde des hommes pour rendre compte de sa mission ! Cela n'était pas simple ! "



*Illustration Altamira : http://www.culture.gouv.fr/culture/conservation/fr/grottes/Pageshtm/altamira.htm




Cliquez ici pour laisser un commentaire




=> RETOUR




5819




Téléchargement de fichiers