Sortie botanique (2)

Nous redescendons près de la route.

"Un bugle crête de coq, ce n'est pas le nom scientifique, mais ça parle bien ! famille des labiacées (menthe, sauge, verveine, lavande, une des plus grandes familles)"




"De la Berce, la berce patte d'ours. Elle se mange".
"Attention, c'est photosensibisateur, comme le carabi. Soit vous en mangez et restez au soleil soit vous le touchez surtout les inflorescences sur la peau et après insolation ça fait des cloques, des brûlures".
"Le carabi, c'est le panais. Les anglais adorent le panais, c'est une plante de la famille de la carotte, c'est une ombellifère, et ça fait une carotte qui peut se manger, même la plante sauvage peut se manger en hiver, sachant que c'est une bisannuelle. La graine va donner une rosette de feuilles la première année et sous cette rosette de feuilles, on va trouver une carotte couleur blanc cassé et c'est très bon".




"On va traverser la route pour regarder une autre plante comestible, qui est le Houblon. Ca ressemble à des feuilles de vigne, c'est une liane, les deux sexes sont séparés, c'est à dire qu'on ne va pas trouver une fleur femelle et une fleur mâle sur la même plante. Les fleurs femelles donnent un petit cône vert qui a une odeur aillée assez forte et c'est cette inflorescence qu'on utilise pour parfumer la bière".






"Là, une petite plante interessante qui se mange quand elle n'est pas montée, c'est Le Sédum. Quand on est dans la nature et qu'on a soif, on peut le mâcher et c'est très rafraîchissant".




La Pimprenelle . "En hiver, on ramasse les feuilles, elles ont le goût de concombre : Hachée avec un peu de fromage blanc et un peu d'ail, sur des topinambours cuits à l'eau".
"C'est une fleur qui est assez insignifiante, mais quand on la regarde à la loupe, elle est magnifique".




Dans le fossé, parmi les plantes sauvages, une asperge ! "Ce n'est pas une végétation strictement locale, ce sont des graines d'asperge qui sont venues se planter dans le fossé. Ce n'est pas une asperge sauvage, c'est une asperge cultivée comestible, mais elle s'est implantée là et ça lui va très bien" ...






"Une autre plante de la famille des composées, vraiment superbe, l'Inule montana.
Elle est très belle, une fleur lumineuse..."






"On a toujours les ronces, plantes alimentaires importantes,
parce qu'elles donnent un miel excellent,
et les fruits bien sûr"




"Voici la gare de Saint-Laurent-La-Vallée, il y avait une ligne de chemin de fer qui passait ici".
Nous traversons le carrefour. S'ensuit une grande discussion sur la zone de transition entre le Lot et le Périgord (chez nous = Les Vernoux, chez Pierre-Yves = Follandet).
Pour écouter, cliquez ICI. [3 036 KB]




Puis on prend le chemin en face de l'ancienne gare et on monte vers la zone des anciennes ocrières.







"Ici, on arrive sur une zone qui est déjà plus fertile. On voit de beaux érables champêtres, avec leurs petites samares à ailettes qui font de véritables petits hélicoptères quand ils sont secs ce qui leur permet de se déplacer sur des distances assez importantes quand il y a beaucoup de vent".






"L' Aubépine, une plante mellifère,
dont les fleurs peuvent être utilisées médicinalement aussi,
c'est un calmant antitussif".




Le Tamier. "En patois, par chez vous Repountsous, certains l'appellent asperge sauvage, mais ce n'est pas une asperge. C'est une plante dont on raffole dans le périgord au printemps, on coupe les premiers centimètres, on l'ébouillante et on la consomme avec un peu d'huile et de vinaigre".
"Ca fait partie des plantes avec lesquelles on a vraiment l'impression en les consommant qu'on se fait du bien"
"Elle a une autre propriété, c'est que, comme la bryone, elle fait une racine énorme surtout sur les vieilles plantes, racine très profonde, qui est anti-contusion, comme l'arnica, quand on a des bleus. On passe directement la racine sur la contusionet ça évite la douleur et le bleu"."D'où son nom d'herbe aux femmes battues"
"Et il y a un pouvoir graissant, on graissait les roues de charette autrefois avec la racine"




"Les robiniers faux acacias, qu'on appelle acacias communément ici, très mellifères, cette année la floraison était très abondante. La fleur peut se manger en beignets, en salade, de plusieurs façons."

Ci-contre, photo d'acacias datant du mois précédent, la floraison étant terminée le jour de la sortie botanique (et donc pas de beignets d'acacias à midi !)








Des semis spontanés de noyers





Le Fusain d'europe.
"C'est une plante dont on se servait des brindilles. Les brindilles étaient carbonisées et servaient à faire le fusain avec lequel on fait les dessins. C'est une plante qui fait des fruits très jolis, de couleur rose à l'extérieur, orange à l'intérieur, la graine est orange."




"Vous voyez la différence entre la zone qu'on vient de quitter et la zone dans laquelle on est. On est en zone humide, les moustiques sont là...
Ici, on a de véritables fougérariums, des endroits où les fougères se développent magnifiquement, fougères mâles, on l'appelle fougère mâle mais ça n'a rien à voir avec le mâle et la femelle"




"Là, un chablis, c'est un arbre qui est tombé avec un coup de vent. Les chablis ont leur importance dans la forêt, ça fait un espace plus clair où les autres arbres peuvent se développer"

Des Arums ...

Ici, les arbres se mélangent, c'est à l'origine d'une discussion : Dans les jardins, il faut oublier les distances de plantation.
Pour écouter la discussion, cliquez ICI. [1 903 KB]




"Sur les bas-côtés du chemin, on voit la couleur ocre. C'était un ocre qui n'est pas le même que l'ocre du roussillon qui est un ocre beaucoup plus doré, beaucoup plus jaune, ici on avait un ocre qui tirait sur le beige. Mais on trouve dans le village des maisons enduites à la chaux qui ont une couleur rouge, c'était dû au fait que l'ocre était calciné, il y avait des fours spéciaux dans lesquels on mettait des blocs d'ocre qui étaient calcinés et donnaient ensuite cette couleur rouge brique".




"Les châtaigniers commencent à apparaître, on sent le sol beaucoup plus profond, on peut humer cette odeur d'humus qu'on n'avait pas tout à l'heure sur le causse".







Notre guide nous fait descendre ensuite dans le sous-bois où on découvre... la noisette de terre (chonopodium majus).
"Il y a un petit tubercule à déterrer, qui est comestible, qui est à 10-15 cm de profondeur. Pour les trouver, c'est zone sableuse profonde, sol frais, bords de rivières aussi. C'est une plante bonne à connaître, elle n'est pas en voie de disparition, on peut en manger tant qu'on veut".





"L'intérieur, c'est blanc. Attention, c'est de la famille de la cigüe...
mais de la carotte aussi !
On l'appelle aussi la châtaigne de terre".

Qui en veut ?




"Une grande plante, 80 cm de haut, famille des liliacées, l'Ornithogale des pyrénées"







"Ici on a une fougère mâle et une fougère Scolopendre. La fougère mâle a un feuillage très découpé, la scolopendre a un feuillage plein, qui n'est pas du tout découpé. Les frondes, c'est à dire les feuilles des fougères, disparaissent en hiver, on ne les voit plus, et réapparaissent au printemps, sauf la scolopendre dont la feuille reste en hiver, mais au printemps elle sèche, et il y a des nouvelles frondes, ce sont des feuilles qui se déroulent et qui se développent."




L'attention de tout le groupe est soudain tournée vers les bassins de décantation des anciennes ocrières, des bassins maçonnés.
"Le sable était lavé à grande eau. Les boues, l'argile, contenues dans le sable étaient amenées par un système de canaux dans le bassin et se décantaient. Ensuite, c'était séché, donc vous imaginez qu'ici, il ne devait pas y avoir un seul arbre. Cet argile séché faisait des blocs, et ces blocs d'ocre étaient ensuite soit brûlés dans des fours pour donner des ocres rouges, soit utilisés tels quels et donnaient un ocre jaune beige. Je crois que les carrières ici se sont arrêtées dans les années 60. C'est vous dire si la forêt pousse vite !"




Bassins qui servent à la reproduction des crapauds et des salamandres ...
"On voit bien les larves de salamandres avec leur longue queue, leurs 4 pattes et leurs petites branchies, et là, il y a des dizaines, des centaines de salamandres. Au dessus, vous avez le bassin d'alimentation qui est une source (intermmittente, l'été elle ne coule pratiquement plus), et de temps en temps on peut voir des petits cercles apparaître en surface, ce sont les salamandres qui remontent et puis qui redescendent, on voit leurs grandes queues, des salamandres qui sont pratiquement adultes".




Brique du four de l'ancienne ocrière. On voit encore la cheminée.







"Il y a des vieux troncs de pins en train de pourir, il faut laisser cette végétation car ça sert de nourriture à toutes sortes de décomposeurs. On voit un morceau du pin ici qui est un vrai gruyère. Tout ce qui est capricorne et compagnie, ce sont des insectes quand même utiles. Il y a énormément de variétés de capricornes qui mangent les arbres morts, permettent leur décomposition et leur transformation en humus, qui participe à la nutrition par exemple de cet énorme pin maritime qui est à côté".
"Humus, humanité et humilité, c'est la même racine."





Un terril de sable qui a déjà été exploité.
Si on prend un peu de salive sur le bout des doigts et qu'on frotte, on va retrouver un petit peu de cet ocre à l'intérieur mais très peu finalement.





"Regardez cette division des fougères comme elle est forte, ça fait de véritables fractales. Chaque partie est la représentation de la partie qui lui est inférieure, regardez un foliolule, un foliole, puis la feuille : tout est sur le même modèle mathématique".






"Si on regarde ce petit noisetier, c'est pareil.
Il a une structure et une relation à l'espace très interessante.
Il a une forme parfaite, pas la peine de retailler !"




"Ici, on arrive dans une forêt de charmes et vous pouvez comprendre l'expression "se porter comme un charme".
C'est charmant, c'est vert, c'est magnifique... "

"Vous connaissez la différence entre le charme et le hêtre :
Le charme d'Adam c'est d'être à poil... "
(la feuille du charme a des dents, celle du hêtre des poils)




"Ici, quelque chose d'interessant : on a un chêne qui est penché ...




On regarde au sol, il y a du lierre ...
... et sur le chêne, il y a du lierre."




"On remarque que la feuille n'est pas la même, pourtant c'est exactement le même lierre."




"Mais vous avez un lierre qui est au sol qui a une feuille en forme de coeur ou de pointe de lance et sur l'arbre, la feuille est beaucoup plus ronde et en plus il est branchu. Lorsqu'il est au sol, il rampe et a une forme de feuille particulière et lorsqu'il est sur l'arbre, il se comporte comme un arbuste, en même temps comme une liane, en même temps il s'accroche, et puis de cette liane sort un petit arbrisseau."
"Il s'adapte complètement au milieu, adapté au sol il est rampant, il est comme une liane en grimpant, et arrivé à une certaine hauteur avec la lumière, il est comme un arbrisseau."
"Il n'y a que sur les branches qu'il y a des fruits, sur le sol il n'y a pas de fruits".




Un petit Cormier, qui pousse difficilement, ce n'est pas tout à fait son coin, il y en a de très beaux dans les zones de déprise agricole un peu plus loin sur des anciennes zones à moutons qui avant étaient aussi des endroits à vigne. On trouve aussi le sorbier des oiseaux.




"Un arbre qui penche, pas besoin de baguettes de coudrier".
Aussitôt dit, aussitôt fait, fabrication de baguettes de sourcier avec des branches prises sur place et quelques-uns des participants s'y sont essayé...




"Quand on voit des trembles, c'est qu'il y a de l'eau !"







Une Scabieuse




Un croisement entre merisier et cerisier, et c'est l'occasion pour le groupe de faire une pause et de se gaver de petites cerises très consommables, on sent que la faim commence à se faire sentir. Ceci dit, "elles n'ont rien à envier aux cerises du commerce..."
L'occasion aussi de parler du vin de Domme : écoutez ICI. [1 454 KB]




"Un Noyer , plein de lierre. Quand on arrive au mois de septembre-octobre, c'est couvert de fleurs et les fleurs sont couvertes d'abeilles, c'est vraiment le végétal mellifère de fin de saison et là les abeilles font leurs réserves pour l'hiver".
"Les végétaux à floraison hivernale : le noisetier, le saule marsault, le laurier sauce, sont des plantes à protéger pour les abeilles, dès qu'il y a un rayon de soleil, elles viennent butiner ces plantes".




Juste à côté d'un autre merisier, "un châtaignier, avec les inflorescences qui sont déjà pas mal développées. On voit les chatons de fleurs mâles et au tout début du pétiole en haut de la tige de la fleur mâle, on trouve les fleurs femelles. Ici on en voit deux, et c'est à partir de ça qu'on va avoir les châtaignes. Le bout des fleurs mâles va tomber. Les abeilles viennent butiner cette fleur femelle, et viennent aussi prendre du pollen sur les fleurs mâles".
"Le châtaignier est un peu le cochon de la forêt car c'est un arbre dont on utilise tout. Les feuilles peuvent être utilisées en fourrage, les fleurs donnent un nectar excellent et du pollen pour les abeilles, le bois est utilisé de différentes façons, pour la construction, il peut être utilisé pour le chauffage, pour le plancher, pour les feuillards, c'est à dire pour les cercles de barrique, on l'utilise pour tout. L'avantage c'est que c'est un arbre qui peut être recépé, recoupé. On peut faire par exemple pour le feuillard une coupe tous les 4 ans, tous les 15 ans pour faire du piquet, et tous les 20-25-30 ans pour faire du parquet ou du bois de charpente, il peut être utilisé aussi pour faire du bois de charpente rond."




L' Euphorbe cyprès







"Regardez l'effet que peut faire un chèvrefeuille sur une tige de châtaignier. Le chèvrefeuille entoure le châtaignier, en général, il tourne dans le sens des aiguilles d'une montre en montant et il sert tellement le tronc que, quand le jeune bois se forme, il va se former une spirale et une fois que la liane meure, la spirale reste. Ca fait un très bon baton de marche, très joli".
"En général, les végétaux en tout cas dans cette partie de l'hémisphère tournent dans le sens des aiguilles d'une montre. C'est dû à la rotation de la terre, de l'autre côté de l'hémisphère, c'est le sens contraire".




"La Bugle rampante, dans une prairie, elle fait de véritables tapis bleus, c'est très très beau."







Nous arrivons à Follandet, le moment de la pause repas !
Chacun a amené son pique-nique, et pourtant il y a comme une odeur délicieuse en arrivant, de quoi faire regretter à tous ceux qui ne sont pas venus. Plusieurs plats nous attendent déjà, salades fleuries diverses, beignets de pulmonaire, omelette aux herbes...







=> SUITE




Téléchargement de fichiers