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Sortie botanique (1)

Avis aux lecteurs

Ces pages ne sont en aucun cas une suite de fiches botaniques sur les différentes plantes que l'on a rencontré sur la commune de Saint-Pompon (les noms scientifiques de ces plantes sont disponibles sur la page Flore de ce site, des fiches suivront).
Ces pages se veulent être avant tout le récit d'une journée de découverte de la nature, avec ses bienfaits, sa beauté, sa poésie, et un échange de savoir entre les participants avec les divers commentaires de tous, qui sont retranscrits presque mot pour mot grâce à l'enregistrement effectué le jour même de la sortie. Cette journée s'est voulue accessible à tous. Parmi nous, Pierre-Yves, jardinier à Saint-Pompon (Follandet), qui organise et emmène la balade, des personnes de la société botanique du périgord, de simples particuliers comme moi-même, et Christine Meunier cuisinière et jardinière (pour les plantes comestibles).
Le nombre de plantes rencontrées sur notre chemin étant assez conséquent et l'exposé se voulant être le plus complet possible, la journée sera répartie sur 3 pages. Une vie entière de toute façon ne suffirait pas à découvrir toute la beauté et les ressources de Dame Nature, je ne peux donc que souhaiter que cette journée extraordinaire soit renouvelée de nombreuses autres fois ...
Je vous laisse maintenant, chers lecteurs, découvrir en empruntant le même chemin que nous, toutes ces merveilles à préserver et, pour cela, à savoir, d'abord, observer (et écouter).

Cliquez sur les petites photos pour les agrandir




Notre journée

Le groupe se met en route, nous sortons du bourg direction Villefranche du périgord.
La première plante que nous montre Pierre-Yves est le millepertuis, "plante qui apporte la lumière" ...

Ecoutez les commentaires sur cette plante en cliquant ICI [669 KB]




Puis nous arrivons dans un pré entouré de haies de chaque côté.
Prunus Mahaleb (bois de Sainte Lucie)
"Sur les terrains très très calcaires, c'est vraiment le porte greffe idéal pour les cerisiers en sachant que maintenant il y a bien sûr des cultivars qui ont été sélectionnés spécialement pour la culture de cerisiers".
"Dans la région de Nîmes, il y avait des cultures de cerisiers qui étaient greffés sur des cerisiers spontanés qui poussaient sur des karsts, des effondrements de calcaire qui s'étaient rebouchés avec de l'argile, ça permettait d'avoir en pleine garrigue la plus grosse production précoce de cerises en France. Au 19ème, la première cerise qui arrivait sur les halles au centre de Paris était greffée là-dessus."




L'églantier "à port buissonnant c'est à dire que l'arbuste fait des tiges, va fleurir sur ces tiges, puis ces tiges vont vieillir et de nouvelles tiges vont partir de la base du buisson et une fois que la tige jeune va bien se développer, la vieille tige va mourir".
"C'est ce qu'on appelle aussi le gratte-cul ou le cynorrhodon, dont on peut manger la chair des fruits, bien sûr en enlevant le poil à gratter qu'il y a dedans (pour ça, ce qui n'est pas mal, c'est le tamis à bouillabaisse qui a une palette d'un côté et un rouleau de l'autre permettant d'enlever les arêtes des poissons ou ici le poil à gratter). Les fruits se mangent blètes après le gel."






Le Plantain lancéolé
"Les feuilles, les jeunes boutons floraux avant floraison, peuvent se manger en salade ou en fricassée.
Ca a le goût de champignon".




Le Prunellier "On peut faire des confitures".
"Les fruits sont âpres. Ils peuvent se manger blètes après le gel assez tardivement quand les étourneaux en ont laissé quelques-uns. C'est un peu rude mais avec du sucre en confiture, ça passe très bien. Il faut aimer ce qui est acide !"
"C'est très riche. C'est l'avantage de toutes ces plantes sauvages, quand on mange ce type de produits, on a besoin de très très peu en manger".
"En les mettant en saumure aussi dans de l'eau salée, ça fait comme des petites olives au bout de 3 semaines (recette de François Couplan)."






Le Noisetier







La Valériane Officinale "qu'on appelle aussi herbe à chat. C'est la racine qui s'utilise surtout en médicinale. C'est une très bonne plante pour dormir, mais ça a un goût !! mieux vaut le prendre en gélules" ...






Le Troène : "
odeur assez forte, nom latin : ligustrum".
"Celui-là sert en vannerie (tige très souple) pour faire des paniers. Et c'est un peu mellifère."




"Autre plante mellifère le Saule Marsault qu'on trouve partout sur tous les bords de ruisseaux. Il fleurit assez tôt, c'est la deuxième plante qui fleurit après le noisetier. Ca fait des chatons mâles jaunes et des chatons femelles verts, qui sont bourrés d'abeilles, un peu moins sur les chatons mâles où elles prennent le pollen. Les abeilles ne se nourrissent pas de pollen qui sert uniquement pour nourrir le couvain, c'est à dire les larves, les abeilles adultes se nourrissent de nectar".
"Cet arbre a une particularité également, il attrape un petit insecte suceur très baveux qui se protège avec sa salive et parfois, quand on se promène dessous, on reçoit des gouttes baveuses."




Ont suivi des commentaires sur quelques plantes comestibles repérées dans la pâture,
cliquez ICI [1 197 KB] pour les écouter.




La Viorne lantane "fait des petits fruits violacés noirs à maturité et qui ont un goût de pruneaux. Il n'y a pas beaucoup de chair, il faut en manger beaucoup pour avoir un petit effet" ...
"Mellifère aussi."




"La région est très interessante au niveau géologique. On a des zones calcaires, des zones de transition entre le calcaire et les zones sableuses, et on a des zones sableuses, des sables sidérolithiques, qui contiennent beaucoup de fer. Ici, il y avait des ocrières où on passera tout à l'heure, qui étaient en exploitation. Sur ces zones de sable, on a une végétation complètement différente. On va voir tout à l'heure au bout de la vallée la différence entre la droite de la vallée et la gauche de la vallée au niveau de la fertilité."




"Voilà une zone sur laquelle il y a des pins qui se développent spontanément, tout ça c'était de la viticulture. Avec le phylloxéra, les vignes ont disparu et les paysans plus tard se sont plus concentrés sur le tabac pour compenser les pertes de revenus. En sachant que sur les zones de déprise de la vigne, il y a aussi des truffières spontanément qui se sont développées et les paysans ont fait des cultures par la suite de truffes."




Nous traversons le champ pour atteindre l'autre côté de la haie.

"Ce qui est intéressant dans ces haies bocagères, c'est qu'on voit que divers végétaux peuvent pousser ensemble sur le même site : Evitez de planter des haies monospécifiques, plantez des haies avec des végétaux du coin, naturels, qui vont bien pousser et peuvent supporter une petite taille sans problème."




La Bryone dioïque "qui est la plus petite cucurbitacée par rapport au fruit. C'est une fine courge, une courge sauvage. C'est une plante qui fait une racine très épaisse et il y a une petite tige frêle qui repart tous les printemps et qui va faire ces petites boules rouge orangé. Elle s'attache sur toutes les plantes où elle grimpe avec ses petites vrilles."
"En occitan "lingo de serp" parce que les vrilles se divisent en deux et ça ressemble à une langue de serpent."




Un Gaillet







"Sur les prunelliers, on trouve beaucoup de Lichens, notamment celui-ci très très branchu, usnée barbue. Dans certaines vallées humides avec des brouillards matinaux, les prunelliers peuvent en être couverts. On le voit notamment l'hiver quand les feuilles sont tombées. C'est un végétal symbiotique qui était utilisé en parfumerie pour fixer les parfums."




Le Cornouiller sanguin
"Sur les causses quand il y en a beaucoup, ça fait des véritables paysages de couleur rouge bordeaux, c'est très très beau. Plante mellifère."
"Les fruits (noirs) sont très toxiques (contrairement au cornouiller mâle qui a des fruits rouges comestibles)."




Un Orme : "Il n'y a pas de gros orme ici parce qu'ils ont presque tous attrapé une maladie (presque tous, car il y en a quand même un très beau spécimen qui a sa taille adulte en dessous de la Porte des Tours à Domme)."




"Ces arbres ont attrapé une maladie de dégénérescence des racines et de l'intérieur du tronc : la graphiose - qui fait comme une griffe, qui se referme -. Vous voyez les rameaux qui se referment sur eux-mêmes."




"Vous avez ici un arbre mort, un arbre en train de mourir, et des arbres à côté en bonne santé. Les arbres atteignent une certaine taille. Puis d'une année sur l'autre, ces arbres vont mourir.
Une recommandation serait d'en couper un maximum pour éliminer la maladie, puis de replanter dans une dizaine ou une vingtaine d'années d'autres variétés résistantes (croisements entre des ormes qui poussent en europe et des ormes japonais).
Des arbres isolés (sur des ronds-points par exemple) ont très bien tenu. C'est une maladie qui passe par les racines."




"C'est un très bel arbre qui a un port étagé et les rameaux font comme des plateaux. Ca fait des paysages vraiment magnifiques.
C'était (était car il n'est plus en exploitation) un arbre qui faisait un bois de très bonne qualité."




La Vipérine, "qui n'est pas encore en fleurs. Plante de la famille des borraginacées (des bourraches), la feuille est très velue, très légèrement piquante, elle pousse souvent en bord de route (comme ici à côté des poubelles !), avec des fleurs bleues magnifiques. C'est une plante mellifère. Les abeilles se couvrent de pollen bleu : c'est facile à reconnaître à l'entrée de la ruche".
"On peut faire des tisanes avec les fleurs, mais attention aux poils, il faut utiliser des tamis très très fins."




Au cours de la balade, nous n'avons pas vu que des plantes. Nous avons vu aussi par exemple ...
... "un gros escargot de Bourgogne dont la coquille a été félée et on voit une coquille neuve qui se reforme par dessous. Uniquement sur les zones calcaires (en a besoin pour sa coquille)."




Le Tussilage : "Dommage qu'il soit en bord de route, on aurait mangé des beignets."
"C'est une très bonne comestible, les fleurs sont excellentes. La particularité de cette plante est que la fleur va d'abord sortir, ça fait comme une fleur de pissenlit avec des écailles sur la tige, elle est excellente crue (il faut enlever les écailles) ou cuite (en fricassée), et une fois que la fleur est fanée, les feuilles sortent. La feuille est également un très bon remède contre les problèmes pulmonaires, elle peut se fumer aussi pour les gens qui veulent supprimer le tabac en douceur, c'est bien pour les bronches aussi de la fumer. Elle est bien aussi pour manger, en beignets c'est super."
"D'un point de vue du biotope, c'est une plante qui pousse sur des terrains très difficiles, on peut la trouver en bord de falaise ou en bord de talus, sur des endroits où les autres plantes ont vraiment du mal à pousser, elle a un réseau souterrain très très fort, elle fait des rhizomes souterrains très très costaux qui sont capables de décompacter des terrains difficiles."




"Une autre comestible qui est très bonne, qui est montée maintenant, qu'on ne peut plus manger,mais qui était cultivée au moyen-âge, qui s'appelle le Laiteron des maraîchers. Celle-là, quand elle n'est pas encore montée, ça fait vraiment une très bonne salade."




Il est presque 11 heures déjà, la balade découverte se poursuit, nous sommes au niveau de la cabane en rondins à côté du club de moto.




Dans le fossé en face "on a trouvé une plante de la famille des légumineuses (famille des haricots, de la fève), dont la feuille sent le bitume : Psoralea bituminosa."
"Pour sentir une plante, ça ne sert à rien d'arracher les feuilles, il suffit de frotter la feuille entre le pouce et l'index et de mettre son pouce et son index près du nez."





"Et ici, on a des Panicauts.
C'est une plante de la famille des ombellifères."







"Ca, c'est une Orobranche. Une orobranche est une plante parasite, celle-ci en général parasite des légumineuses. Les légumineuses sont des plantes aussi qui ont la faculté grâce à une bactérie, qui est fixée symbiotiquement sur leurs racines, de pouvoir fixer l'azote de l'air, ce que les autres plantes ne savent pas faire, or l'azote est un élément important de la plante, car comme pour nous cela leur permet de faire des protéines et c'est aussi utilisé dans leur ADN dans leur code génétique, c'est quand même un des éléments universels. Ce n'est pas une orchidée, bien que ça y ressemble."




"La Germandrée petit chêne, qui a été retirée de la pharmacopée il y a quelques années, pour tout ce qui est psychiatrique, dérangement..."




"On arrive sur une zone de causses. A droite, on a une zone de causses assez forte. On voit des pois de senteur, on est toujours sur le bord de la route. Le pois de senteur est une plante comestible également, la fleur se mange".
"On va quitter la route, on va grimper un peu, là va commencer la botanique des spécialistes" phrase suivie par des exclamations : "la lavande !, le genevrier !, Orchis pyramidal !, du lin !"
Nous sommes au niveau du carrefour de Lescole.




"Quand elle est en pleine insolation, cette Orchis Bouc dégage une odeur très très forte ... de bouc. Elle est magnifique, on voit son labelle. Le labelle est un pétale modifié, qui est la caractéristique des orchidées, une plante qui a une symétrie latérale. On pourrait mettre sa photo sur une feuille de papier et plier la photo en deux, et on a le même dessin de chaque côté."




"On voit très rarement des graines sur les orchidées car la fécondation est très difficile."

Ont suivi les explications et une démonstration de fécondation artificielle par Pierre-Yves.
Ecoutez en cliquant ICI. [5 439 KB]




Un Lin sauvage







"Ici nous avons des genevriers (Juniperus communis). On voit les petites boules (les galbules) qui sont en train de se former, elles sont très aromatiques surtout quand elles sont adultes et qu'elles sont noires (2 ans, dans des recettes, il faut des bleues et des vertes), c'est une des plantes qu'on retrouve dans la choucroute bien sûr."




"et dans le Gin".
"C'est antiseptique urinaire".







Recette "locale" du poulet au baies de genévrier :
cliquez ICI [802 KB] pour écouter.







"Ce qui est intéressant dans des zones très naturelles comme ici car ces zones n'ont pas été touchées depuis longtemps surtout qu'il n'y a plus de moutons qui pâturent, c'est qu'on a un équilibre entre les plantes légumineuses, c'est à dire des plantes qui fixent l'azote, et des autres plantes, des graminées, des plantes ordinaires. Les légumineuses améliorent la croissance des autres plantes. Comme par exemple les robiniers faux acacias qui poussent dans les bois, on sait qu'ils vont améliorer de 10 à 15% la croissance des arbres qui sont autour. C'est très important, même dans un jardin potager, d'avoir un mélange de légumineuses et d'autres types de végétaux."




"De la Lavande sauvage "







"Une très belle graminée qui fait une inflorescence très très légère qui ressemble à des petits plumeaux, très douce, Stipa pennata"



Au fait, pourquoi les plantes changent de noms ?
la réponse en cliquant ICI. [1 765 KB]




"C'est interessant aussi de regarder la biodiversité qu'il y a dans un endroit comme celui-là, malgré que ce soit un endroit qui soit relativement aride, si vous prenez un mètre carré et que vous faites un comptage, on va trouver une, deux, trois ... dix, on est déjà à dix plantes, et il est bien possible que j'en oublie, sans compter les mousses et les lichens et bien sûr tout ce qu'on ne peut pas voir forcément à l'oeil nu, c'est à dire les algues microscopiques, les algues bleues."




"Je passe le doigt dessous, c'est une plante qui accroche énormément, c'est une Garance, la garance voyageuse. La garance a une particularité, c'est une plante tinctoriale, la racine est d'un orange rouge très lumineux, on en faisait (avec les variétés sélectionnées pour ça) le rouge garance utilisé pour faire la robe des abbés".
"Mais c'est infernal à faire, deterrer les racines c'est compliqué, ensuite il faut gratter chaque filament de racine, c'est du boulot, puis il faut mettre en présence d'ammoniac. Sous Napoléon, on faisait pisser les militaires dans des bains, ça apportait l'ammoniac..."






"Malgré que ce soit une zone très sèche, il y a une floraison ici quasiment toute l'année, les plantes se succèdent dans les floraisons, avec les insectes qui vont avec bien sûr, qui se succèdent".




"Il y a un jeune châtaignier qui pousse ici, je ne donne pas cher de son existence, parce que c'est un endroit très très calcaire, et le châtaignier ne supporte pas le calcaire".
"Par contre, il y a des endroits où on peut trouver des châtaigniers greffés sur des chênes. Ca donne ...des châtaignes. Sur un porte-greffe, c'est le greffon qui va donner la qualité du fruit que l'on recherche, peut-être un peu plus gros, parce que le fait que l'arbre soit stressé par le point de greffe, il va donner des fruits plus gros, c'est le pourquoi on greffe, c'est pour pouvoir obtenir des fruits plus gros".
"Si vous jetez un noyau de pêche par exemple (pêcher de vigne), vous laissez pousser. Sur le même pêcher, vous prenez un greffon, vous coupez le pêcher à la base, vous regreffez dessus, vous aurez des fruits plus gros, tout ça parce qu'il y a eu un stress."
"Un truc à ne pas faire, vous donnez un coup de hâche sur le tronc d'un pommier, vous allez voir l'année suivante la floraison et la quantité de fruits que vous allez avoir, c'est une réaction à la mort : faire un maximum de graines pour pouvoir survivre, et donc des fruits plus appétents, plus gros, plus visibles, pour pouvoir être mangés, être déféqués plus loin et avoir une chance de survie."




"Les euphorbes sont des plantes très intéressantes parce qu'on trouve des euphorbes avec de très grandes variations dans les feuilles, on trouve des euphorbes en région tropicale avec des feuilles extrèmement développées, et en région désertique les feuilles ont disparu et on trouve seulement la tige renflée qui fait comme un espèce de cactus."




"Toutes les euphorbes sont reconnaissables au fait que, quand on enlève la feuille à la base, il y a un lait blanc qui s'écoule, lait qui est toxique, qui est irritant, et qui tache".




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